Mme Demongeot Armelle à Avignon Restauration de tableaux
Mme Demongeot Armelle à Avignon Restauration de tableaux
Descente du tableau de la tribune de l'église
Descente du tableau de la tribune de l'église
Vernissage final au pistolet au sein de l'église avant accrochage
Vernissage final au pistolet au sein de l'église avant accrochage
Peinture sur cuivre, XVIIIes, 30x18 cm
Peinture sur cuivre, XVIIIes, 30x18 cm
Crucifixion, panneau 80x120 cm, Musée Calvet
Crucifixion, panneau 80x120 cm, Musée Calvet
Avant et après restauration, Carton de tapisserie d'Aubusson, XIXes
Avant et après restauration, Carton de tapisserie d'Aubusson, XIXes
Assomption de la Vierge, Simon de Chalon, panneau, 1536
Assomption de la Vierge, Simon de Chalon, panneau, 1536
Après réintégration
Après réintégration
Avant réintégration
Avant réintégration
Avant restauration, Mgr de Castries, 90x75 cm, Château de Castries
Avant restauration, Mgr de Castries, 90x75 cm, Château de Castries

Nous situer


Adresse


40 rue Lauzon 84000 Avignon


L'établissement Demongeot ARCAD situé à Avignon dans le département du Vaucluse, intervient dans un rayon de 150km pour la restauration de tableaux.

MUSEES ET MONUMENTS HISTORIQUES
Restauration de tableaux à Avignon

PARCOURS


Après un an en faculté d'histoire de l'art à Poitiers, puis un an aux Beaux-Arts de Clermont-Ferrand en section restauration de tableau, j'ai posé mes valises en Avignon où, après 5 ans de formation au sein de l'école des Beaux-Arts, j'ai obtenu en 1999, le diplôme reconnu d'État: Diplôme d'Etudes Supérieures en Conservation et Restauration d'œuvres Peintes.

Pendant 5 ans, j'ai enrichi mes connaissances auprès de plusieurs professionnels au sein de l'école mais aussi, au cours de stages dans plusieurs ateliers (parisien, suisse,...).
Mon entreprise, A.R.C.A.D. (Atelier de Restauration et Conservation Armelle DEMONGEOT), a été créée en Avignon en juin 2000.
J'ai travaillé en sous-traitance pendant cinq ans pour un atelier avignonnais où j'ai acquis une expérience professionnelle sur des tableaux prestigieux de musée ou sur des œuvres classées Monuments Historiques.

Ma spécialité concerne la conservation et la restauration des peintures de chevalet (peintures à l'huile sur toile, bois, cuivre...).
Cette activité concerne les œuvres d'art allant du XVème siècle au début du XXème siècle.

Clientèle :
Ma clientèle est constituée par :

-Les Musées: Musée Calvet d'Avignon, Musée des Beaux Arts de Nîmes, Musée Fabre de Montpellier, Musée des Augustins de Toulouse, Musée de Limoges, Musée de Barcelonnette, Musée de St Flour, Musée d'histoire de Marseille. Musée d'Uzés, Musée d'Alès.

La restauration des tableaux de musée est le plus souvent réalisée au C.I.C.R.P (Centre Interrégional de Conservation du Patrimoine) à Marseille, centre avec qui je collabore depuis son ouverture en 1999.

- La DRAC: Direction Régionale des Affaires Culturelles de la région PACA, Languedoc Roussillon, Rhône-Alpes et d'Auvergne. Cela concerne les tableaux d'églises ou de châteaux répertoriés, inventoriés ou classés.

- Les Particuliers, Galeries d'Arts, Antiquaires : tableaux de différents formats et supports.


PRESENTATIONDU METIER


Un tableau est un objet composite. Il se compose des éléments suivants :
- le support : toile ou bois (différentes matières ou essences :lin, chanvre, coton/chêne, noyer, peuplier...);

-la préparation aqueuse bien souvent, lipidique également et parfois double : colorée ou non selon les époques;

- la couche picturale, plus ou moins épaisse, est constituée de différentes couches plus ou moins chargées en pigments ou liant;

-la couche protectrice plus couramment appelée vernis.

Autant de matériaux différents pour un même objet, ayant leurs réactions propres face aux variations hygrométriques et de température...

La restauration ne demeure pas un problème seulement technique quant à la bonne conservation - restauration mais également culturel.
Il est impératif de travailler de concert avec les conservateurs et historiens d'art afin de savoir jusqu'où aller dans le retrait ou l'allègement de tels ou tels vernis ou anciens repeints.

La déontologie est de rigueur, tout comme la réversibilité des matériaux et techniques de restauration. Il nous faut effectivement réfléchir à la pérennité de l'œuvre sans altération de son intégrité physique, sans modification de son iconographie, sans difficulté de retraits futurs de notre intervention, car chaque œuvre est amenée à être, un jour, à nouveau restaurée.
La règle essentielle à respecter est donc la réversibilité.


INTERVENTIONS


La restauration d'un tableau se divise en plusieurs grandes étapes:

- L'examen: lorsqu'une œuvre arrive à l'atelier, la première opération consiste à l'examiner afin de comprendre la composition des matériaux ainsi que leurs altérations. Ces constats d'états nous permettent d'établir un protocole de traitement et une sélection de produits les mieux appropriés.

- La conservation: c'est tout ce qui concerne le traitement du support (toile ou bois), lorsque la toile est déchirée, trouée, cassante, le châssis est endommagé ou le panneau de bois altéré.

- La restauration de l'œuvre: Ce sont toutes les interventions réalisées sur la couche picturale (décrassage, allègement du vernis, retrait d'anciennes restaurations, mastics des lacunes et réintégration colorée avec une reconstitution plus ou moins poussée de l'image...)


1 EXAMENS

Chaque œuvre s'observe dans toutes a composition, par différents examens :
- Examen attentif et précis à l'œil nu et au toucher

- Examen sous différentes lumières :
- lumière rasante;
- infrarouge révélant les dessins et esquisses préparatoires;
- ultraviolets ou lampe de Wood révélant par la fluorescence qui en résulte, le vernis, son épaisseur, sa régularité et surtout la possible présence sur ou sous le vernis d'anciennes retouches non visibles à l'œil nu.

- Examen des sous-couches sous rayons X : radiographies permettant de lire :
- les possibles lacunes de matières picturales masquées par d'anciennes restaurations, les hésitations ou repentirs du peintre, voire le possible remploi de la toile comme support pour un autre tableau ;
- la cohésion et la structure interne d'un panneau de bois, la présence de galerie d'insectes xylophages...Examen sous rayons


Ces différents examens nous permettent de faire un constat d'état et d'altérations précis, avant de proposer un traitement approprié, toujours réversible, en fonction du lieu de conservation de l'œuvre, en évitant d'être trop interventionniste et dans le plus pur respect déontologique de l'œuvre.


2 CONSERVATION


Présentation chronologique des interventions réalisables sur un support toile.

-Intervention avant transport d'une œuvre, pose d'un papier de protection (Facing) :
Pour protéger la couche picturale d'une œuvre soulevée et en perte d'adhésion, nous posons directement sur celle-ci un papier comme le papier japon ou papier boloré collé avec une méthylcellulose. C'est une pratique totalement réversible qui permet de manipuler et de transporter un tableau sans risque de perdre la moindre écaille.

- Nettoyage et assainissement du revers : Avant toute intervention sur l'œuvre,les revers sont automatiquement aspirés pour retirer les différentes poussières emprisonnées au sein de la toile et stockées entre la toile et les montants du châssis (scrupules). Mais il arrive aussi d'assainir le revers en retirant des anciennes pièces ou rentoilage qui ont mal vieilli et qui ne jouent plus leur rôle d'origine à savoir renforcer une toile ou une déchirure.

- Consolidation des déchirures et des lacunes de toile: Les incrustations sont des morceaux de tissu qui sont adaptés aux lacunes du support textile et raccordés à la toile originale. Le tissu choisi pour l'incrustation doit correspondre le plus fidèlement possible à la nature du support.La lacune est aplanie, puis on dispose les extrémités respectives des fils arrachés face à face, comme s'ils devaient être à nouveau tissés. La forme de la lacune est ensuite décalquée sur le morceau de toile puis découpée en conséquence dans le morceau de tissu.
Le principe de collage des fils à chaud consiste à déposer sur chacun des fils sectionnés un adhésif de matière solide puis à le chauffer avec une pointe à souder afin d'assurer l'adhésion des fils entre eux. Cette opération est le plus souvent réalisée sous microscope binoculaire.

Si la toile est déchirée, on procédera à la «soudure» de la déchirure de la même manière (fil à fil), puis par la pose d'une pièce en fibre de verre ou en intissé très fin, afin qu'il n'y ait aucune remontée de cette pièce parla face. La pose de bandes de tension (toile de lin effrangée) se fera de la même manière, dans le cas où les bords de tension d'origine seraient fragiles.

- Relaxation de la toile pour une remise en plan des déformations: Pour résorber les déformations d'une toile, nous utilisons trois paramètres simultanés: humidité, pression et chaleur.

La toile est tendue sur un bâti de travail, nous pouvons alors humidifier en toute sécurité le revers à l'aide d'un vaporisateur. Après quelques minutes d'attente, le temps que les fibres de la toile se détendent, nous passons un fer chaud sur l'ensemble du revers. Nous retrouvons ainsi la planéité d'origine. Cette opération peut être réalisée sur une table chauffante à basse pression, qui est une table équipée de buses d'aspiration et d'un système de chauffage électrique. La basse pression, entre la membrane supérieure et le plateau chauffant, est obtenue par une pompe à vide et contrôlée à l'aide d'un manomètre. Cet appareil permet d'obtenir un travail régulier en toute sécurité.

- Refixage : Lorsque l'œuvre vient d'être peinte, tous ses éléments sont encore assez souples poursuivre les mouvements des supports occasionnés par les variations d'humidité relative et de température.

Ex : la toile se tend et se détend selon l'hygrométrie ambiante. Au départ, la matière picturale, qui est dessus, voit ses composants suivre ces mouvements. Puis,les liants de ces éléments perdent, avec le temps, de leur souplesse entraînant tout d'abord des ruptures de cohésion (craquelures d'âge), puis des ruptures d'adhésion (soulèvements, puis pertes de matière picturale).

Le refixage est nécessaire lorsque la matière picturale (préparation, couche picturale) présente une perte d'adhésion au support. Cette opération peut être ponctuelle (injection de l'adhésif de refixage sous les écailles et réactivation à la spatule chauffante) ou généralisée par imprégnation du revers.
Le problème d'adhésion se trouve à l'interface toile/préparation. Le fait de refixer par le revers, permet d'accéder immédiatement à la bonne interface,l'adhésif pénétrant jusqu'à la préparation.
Pour une bonne pénétration de l'adhésif et, donc, un refixage efficace, le revers doit être complètement nettoyé de tout encrassement ou tous autres résidus d'anciennes colles, préparation... La réactivation de l'adhésif à chaud (à l'aide d'un fer), parfois sous vide d'air, permet le refixage complet de la matière picturale.

- Doublage d'une toile: Le doublage (collage d'une toile synthétique sur l'ensemble du revers)n'intervient que lorsque la toile d'origine ne présente plus la résistance mécanique suffisante pour une nouvelle mise en tension et une bonne consolidation.

- Tension sur châssis: Les châssis bois et les supports bois peuvent être altérés par des attaques d'insectes xylophages, des apports d'humidité développant des moisissures...

Dans ce cas, plusieurs traitements sont envisageables : le traitement par injection et imprégnation d'un produit antifongique et anti xylophage et/ou paranoxie (privation d'oxygène pendant un minimum de 21 jours). Des injections afin de consolider les galeries pourront également être envisagées, de même qu'un possible parquetage ou un renfort des assemblages des planches composant le panneau.
Si les châssis sont trop altérés, nous opterons pour un remplacement par un châssis:
- soit à clefs, chanfreiné, traité anti xylophage,
- soit un châssis réglable bois, flottant bois ou aluminium ou bien encore auto tenseur, ces derniers étant de conception et fabrication Chassitech.


3 RESTAURATION


Présentation chronologique des interventions réalisables sur une couche picturale.

Nettoyage:
Le nettoyage a un but surtout esthétique. Il n'est en rien primordial dans la consolidation des matériaux constitutifs de l'œuvre (contrairement au refixage, et autres traitements de consolidation des matériaux).

Cependant les différentes couches de vernis, les expositions à la pollution (fumée de cheminée, de cigarettes, de cierges, pollutions extérieures...) altèrent sa lisibilité, telle un « voile » souvent brun venant modifier considérablement l'aspect chromatique de l'œuvre. Sans compter les différentes interventions (anciennes restaurations, repeints) qui trahissent l'intention d'origine du peintre.

Un tableau peut donc subir :
Un encrassement plus ou moins prononcé, une oxydation et microfissuration de sa couche protectrice: le vernis (notamment pour ceux constitués d'une résine naturelle : jaunissement sous l'action des UV de la lumière naturelle, voire brunissement et opacification sous l'action de l'humidité), l'apport postérieur d'anciennes restaurations ne s'intégrant plus avec l'original (retouches disgracieuses et trop visibles).

Autant de raisons qui modifient l'aspect chromatique d'origine de la matière picturale. Le nettoyage permettra donc, suivant le degré de restauration envisagé : de décrasser, d'alléger le vernis ou de le retirer s'il gêne la lisibilité de l'iconographie,
ou de retirer également les anciens repeints et anciens mastics.
Les techniques de nettoyage sont variées, mais toujours exécutées avec une extrême précaution, selon:
- les matériaux constitutifs de la matière picturale,
- le vernis(sa résine),
- le degré et le type d'encrassement (gras ou non), le type de repeints anciens (lipidiques,aqueux),
- le débordement des mastics, leur structuration ou non.

C'est donc après un examen approfondi,une batterie de tests et avec des techniques bien appréhendées que nous pouvons commencer le nettoyage, usant d'un large choix de mélanges de solvant (solvants organiques, oléorésines, hydrocarbures aliphatiques, aromatiques et chlorés,des alcools, des cétones, des éthers...) à des concentrations plus ou moins fortes selon les cas et après des tests.

Réintégration colorée:
C'est la seconde opération esthétique après le nettoyage. Elle est nécessaire dans la compréhension et la lisibilité de l'iconographie traitée.
La retouche concerne l'atténuation d'usures anciennes gênantes comme la perte de glacis modelant les volumes ou nuançant un fond de façon transparente. Elle concerne également l'intégration de lacunes (manques de peinture) plus ou moins importantes, perturbant la lisibilité et la cohérence de l'image.
Mais avant la retouche, il est une étape importante : les mastics.
- Masticage : Les mastics sont la mise à niveau des lacunes par leur comblement et leur structuration selon l'état de surface de la peinture environnante.
Cette structuration (imitation « sculptée » des granulosités de surface, structure pavimenteuse de la peinture d'origine, empâtements de la matière picturale) est importante pour la bonne intégration de la retouche à suivre.
En effet, la couleur n'est pas seulement un mélange de pigments mais aussi un phénomène optique. C'est l'indice de réfraction de la lumière (dû à l'état de surface) qui induit telle ou telle couleur.

Il faut donc par ces mastics reconstitués le même état de surface que la peinture environnante, en se limitant bien sûr aux lacunes (sans déborder), avec un mastic réversible.

Ensuite la retouche peut être envisagée.

- Réintégration colorée : La retouche peut avoir différents aspects selon le degré d'intervention souhaité et le type d'œuvre traitée. Elle se compose d'un mélange de pigments purs avec un vernis. La gamme de techniques que nous proposons est très variée :

- une simple teinte de base : d'une tonalité correspondant à celle prédominante dans le tableau, afin que la lecture d'ensemble ne soit pas perturber mais sans reconstitution. C'est une option choisie lorsque la zone à retoucher comporte trop d'inconnus pour ne pas prendre le risque d'extrapoler

- la retouche illusionniste : qui tend à l'invisibilité de la retouche (par continuité de structure). Elle se justifie par la volonté de retrouver l'identité chromatique de l'original.

- la retouche visible : Trattegio = traits fins verticaux de couleurs pures. Ce type de retouche est basé sur le principe de décomposition chromatique avec recomposition par l'œil à une certaine distance. (Surtout utilisée pour les primitifs et les fresques)

- le glacis : possible si la préparation est encore présente. Il s'agit d'une couche colorée transparente, laissant visible la sous-couche mais rétablissant l'équilibre chromatique général

- la retouche pointilliste : elle est issue, elle aussi, de la décomposition des couleurs en petits points très minimes, juxtaposés, qui permettent la reconstitution des zones lacunaires tout en conservant un aspect vibratoire et léger, imitant la possibilité de lecture de la préparation dans certains interstices et l'illusion d'un reste de patine ou encrassement dans les touches plus nourries (empâtements).


- Vernissage:
Cette opération a deux fonctions:

- Protéger durablement et efficacement la couche picturale des agressions extérieures telles que la poussière grasse, la fumée, les égratignures et les agressions atmosphériques.

- Dans un premier temps, le vernis passé au pinceau permet une saturation des couleurs (redonne à l'œuvre une certaine profondeur). Puis par pulvérisation au pistolet, il permet une homogénéisation de l'aspect optique et esthétique, en réglant l'effet de surface de manière satinée sans risquer d'abîmer la retouche.